Un été à poils

NB : tout ce que je m’apprête à dire est strictement personnel. Ce sont des réflexions que j’ai menées, des questions que je me pose, en aucun cas je ne prétends donner ni conseils ni leçons, je souhaite vraiment parler de moi.

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Je ne me souviens pas de la première fois où j’ai rasé mes jambes, ainsi que mes aisselles. Ca devait être assez tôt, car j’ai eu la grande chance d’avoir une puberté précoce, et j’étais la seule de mes camarades à devoir, au choix, assumer mon pelage (un duvet trop foncé pour passer inaperçu, O Sole Mio l’héritage italo-espagnol) ou m’en débarrasser. Je me souviens du regard épouvanté de ma chère maman quand elle a réalisé ce que j’avais fait subir à mes poils : elle me trouvait bien trop jeune, et aussi elle tient le rasoir en horreur. Elle a essayé pendant de longues années de me faire tester d’autres méthodes d’épilation, m’a proposé d’aller chez l’esthéticienne, la cire froide, l’épilateur électrique, la crème dépilatoire, mais comme j’ai toujours été la plus grande des flemmardes, mes bonnes résolutions ne tenaient pas plus de deux semaines et je finissais toujours pas dégainer le rasoir.

Parce qu’en plus d’être très brune et assez poilue, j’ai le poil vivant et enthousiaste : quand une épilation est censée être "garantie jusqu’à quatre semaines", la mienne restait rarement satisfaisante plus d’une semaine et demi, probablement aussi parce que j’étais une psychopathe et parce que j’étais persuadée que j’allais me faire lyncher à coup de chewing-gums à moitié mâchés par la France entière si j’osais sortir avec une petite repousse. Il faut dire qu’en la matière, le collège n’a pas été tendre et si aujourd’hui, je ne peux plus vraiment en vouloir à mes camarades qui étaient comme moi sous le joug des diktats, à l’époque c’était une torture. Je me souviens plus particulièrement des séances de piscine, en cinquième, quand il fallait se changer dans les vestiaires communs (un véritable plaisir à l’adolescence, où chacun-e est super à l’aise avec son corps évidemment), et où j’avais omis de m’épiler. Ces délicieux moments font partie des plus humiliants de ma vie. Et il y en a eu, je vous assure, parce qu’avant d’être une petite rebelle de la forêt qui ne porte que très peu d’intérêt à ce qu’on pense d’elle, j’étais cré cré fragile.

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Sortir de la piscine et me pavaner en maillot de bain, avec mes poils : je peux le faire.

Sortir de la piscine et me pavaner en maillot de bain, avec mes poils : je peux le faire.

Bref. Revenons à notre laine de mouton. (suite…)