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Ode à l’automne

Je n’ai pas vraiment de saison préférée, je suis de ces bisounours qui trouvent que toutes les saisons ont du bon. Et chacune d’entre elles provoque en moi des frissons différents, en fonction de ce que je suis heureuse d’y retrouver. Quand l’automne arrive, il plante sur mon visage un sourire particulièrement niais, je vois des camaïeux de marrons et de rouges, des renards jouer dans des feuilles mortes, j’entends la pluie cogner sur mes fenêtres et je sens l’odeur enivrante du chai latte très épicé qui refroidit un peu avant que je l’engloutisse, enroulée dans mon gros gilet bleu pelucheux.

A l’heure où les averses battantes sont entrecoupées d’un soleil encore assez chaud pour nous faire douter du dress-code à adopter, je suis déjà rentrée en période de pré-hibernation. Quand vient la fin du mois de septembre, j’ai l’impression de changer de goûts, mes lubies suivent la courbe de température et j’abandonne allègrement les petites robes décolletées pour m’emmitoufler de pulls à grosses mailles et j’ai hâte de ressortir écharpes et bonnets. (suite…)

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Un anniversaire vegan-friendly

Aujourd’hui, ma petite soeur a 16 ans — ça grandit vite ces bestioles-là. On avait décidé de le fêter ce weekend, un peu en avance pour avoir toute la famille avec nous. Pour moi et Monsieur Chéri, c’était une grande première : notre premier repas de famille (et de fête) depuis que nous avons décidé de devenir vegan. (quelques temps après la sortie du Petit Précis de végétarisme) Pas question pour nous de renier nos principes si vite, d’autant que pour moi la digestion de produits laitiers est de plus en plus compliquée.

Priant pour une météo clémente, ma petite soeur avait envie d’un barbecue, qui est généralement synonyme dans la famille d’un repas centré autour de la viande, avec un accompagnement à base de taboulé, et de quelques crudités en sauce au yaourt, relégués au second plan. Oui mais on n’a pas tous les jours 16 ans, alors elle avait aussi envie de changement, de trucs différents et un peu festifs. Nous, de notre côté, on avait envie de bien manger, sans nous sentir privés. Quand ma maman, inquiète, m’a demandé au téléphone "oui mais pour le gâteau, on fait comment ? parce que tu sais qu’on va le chercher au supermarché et qu’il y a oeufs et crème à tout venant dans ces choses-là…", au départ j’ai voulu la rassurer. Oh, t’en fais pas, une salade de fruit ça ira très bien. (suite…)

Un été à poils

NB : tout ce que je m’apprête à dire est strictement personnel. Ce sont des réflexions que j’ai menées, des questions que je me pose, en aucun cas je ne prétends donner ni conseils ni leçons, je souhaite vraiment parler de moi.

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Je ne me souviens pas de la première fois où j’ai rasé mes jambes, ainsi que mes aisselles. Ca devait être assez tôt, car j’ai eu la grande chance d’avoir une puberté précoce, et j’étais la seule de mes camarades à devoir, au choix, assumer mon pelage (un duvet trop foncé pour passer inaperçu, O Sole Mio l’héritage italo-espagnol) ou m’en débarrasser. Je me souviens du regard épouvanté de ma chère maman quand elle a réalisé ce que j’avais fait subir à mes poils : elle me trouvait bien trop jeune, et aussi elle tient le rasoir en horreur. Elle a essayé pendant de longues années de me faire tester d’autres méthodes d’épilation, m’a proposé d’aller chez l’esthéticienne, la cire froide, l’épilateur électrique, la crème dépilatoire, mais comme j’ai toujours été la plus grande des flemmardes, mes bonnes résolutions ne tenaient pas plus de deux semaines et je finissais toujours pas dégainer le rasoir.

Parce qu’en plus d’être très brune et assez poilue, j’ai le poil vivant et enthousiaste : quand une épilation est censée être "garantie jusqu’à quatre semaines", la mienne restait rarement satisfaisante plus d’une semaine et demi, probablement aussi parce que j’étais une psychopathe et parce que j’étais persuadée que j’allais me faire lyncher à coup de chewing-gums à moitié mâchés par la France entière si j’osais sortir avec une petite repousse. Il faut dire qu’en la matière, le collège n’a pas été tendre et si aujourd’hui, je ne peux plus vraiment en vouloir à mes camarades qui étaient comme moi sous le joug des diktats, à l’époque c’était une torture. Je me souviens plus particulièrement des séances de piscine, en cinquième, quand il fallait se changer dans les vestiaires communs (un véritable plaisir à l’adolescence, où chacun-e est super à l’aise avec son corps évidemment), et où j’avais omis de m’épiler. Ces délicieux moments font partie des plus humiliants de ma vie. Et il y en a eu, je vous assure, parce qu’avant d’être une petite rebelle de la forêt qui ne porte que très peu d’intérêt à ce qu’on pense d’elle, j’étais cré cré fragile.

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Sortir de la piscine et me pavaner en maillot de bain, avec mes poils : je peux le faire.

Sortir de la piscine et me pavaner en maillot de bain, avec mes poils : je peux le faire.

Bref. Revenons à notre laine de mouton. (suite…)